STRASBOURG

ScU2 [1] initie avec Pôle Sud, la HEAR, les associations du quartier Meinau, l’Espace Culturel Django Reinhardt [en cours], un processus des Scénos Urbaines, résidence internationale d’artistes et dispositif de recherche, dans le quartier de la Meinau à Strasbourg. Le processus se déroulera sur deux années et débouchera sur l’édition 2019 du festival Extra Pôle [Pôle Sud]. Artistes, habitants, chercheurs, associations locales, opérateurs culturels et étudiants travailleront ensemble dans une grande variété de formats [résidences, projets associatifs, expérimentations pédagogiques et théoriques, expositions, performances, événements, spectacles, fêtes…] entre la Meinau et la ville de Strasbourg. Le festival Extra Pôle 2019 présentera un ensemble de projets d’artistes inscrits dans le quartier [ils pourront aussi être présents au centre ville, notamment à la HEAR], conçus comme des [re]présentations situées, témoignant des relations et du contexte qui les ont produits.

Ce projet s’articulera pour la HEAR au programme de recherche Play>Urban.

Nous formulons ici trois points qui situent les enjeux du projet : les gens, la ville-infrastructure, la scène.

1. Comment travailler en tant qu’individus, artistes et collectif de projet[s], une constellation

de gens d’horizons divers, inscrits dans le quartier de la Meinau [et son contexte urbain], autour de paroles, de récits, de situations, d’enjeux, d’expériences, d’événements… : questions de collaboration, de participation, d’agir ensemble… Comment trouver des moyens d’amplifier, de visualiser, de se déplacer et de co-exister au sein de la multiplicité des expériences de vie dans cette contemporanéïté urbaine ; de produire des situations qui vont au-delà de la position spectatrice [la répartition des rôles qu’elle engendre] devenue embarrassante et ambigüe.

2. Où et comment les gens se rencontrent-ils dans les villes contemporaines et plus précisément à Strasbourg ? Comment les gens en viennent à se parler ? Cela devrait être simple, cependant, lorsque c’est possible, souvent cela n’advient pas. Nous ne connaissons pas les réalités des uns et des autres, ce qui nous éloigne de la fabrique de l’urbain, des connexions et de l’infrastructure des personnes qui la constitue. Et comment les infrastructures urbaines [architecture, surveillance, capital, divisions urbaines…] rendent muette la réalité et le mouvement dans la ville, compliquent sérieusement la possibilité même de ces croisements entre personnes en produisant des relations des mouvements et des futurs dont le dessin est prévisible pour la plupart des habitants.

3. Comment créer / construire des scènes, des espaces de possibles, de subversion active, pour ce projet, des lieux à la fois physiques et relationnels. La scène est ici pensée comme espace pour une rencontre ouverte et inachevée, un espace d’émancipation, de [re]présentations et d’échanges. Comment chacun, d’où il est [situé], joue avec les contextes, les cadres institutionnels et infrastructurels pour produire des scènes ; scènes visibles, déplacées, furtives par rapport à celles ont il dispose, etc. dans un jeu de [re]configurations spatiales constamment tentées. Et qui peut, qui a le droit de performer ces scènes, et où ? Ceci incluant ScU2, porteur du projet, collectif indépendant mais inscrit ici dans des contextes institutionnels qu’il tente de travailler de manière libertaire.