Kiki Zangunda

In Urban Scénos Kinshasa

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« In Memoriam / le Vindicatif « 

Kiki s’est « crucifié », un matin à l’aube, à la gauche du christ. Il s’est servi de trois poteaux métaliques supports de panneau d’affichage sur l’esplanade comette pour les transformer en trois croix. Il est resté là pendant plusieurs heures alors qu’autour la journée commencait. // Kiki « crucified » himself, one early morning, on the left side of the christ. He used 3 metalic posts usually for advertising panels, on the comete area, and turned them into 3 cross. He stayed ther for long hours, and all around the day activities were starting. 

 

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with Dorothée Kreutzfeldt

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One Hand Washes the Other, installation

Sur l’avenue du 24 Novembre, une carte peinte sur le mur redessinant les zones et réseaux de/d’ (in)sécurité… // On the avenue of 24th november, a painted card on the wall, redrawing zones and networks of insecurity. 

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In Paris-Belleville (Solo Residency)

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« Plus mal que jamais » / Performance / Photo JcLanquetin
Au terme de ma résidence de trois mois j’entends proposer une série de performances dont les
matériaux sont essentiellement tirés des expériences que j’ai vécues en tant qu’artiste étranger
à Paris, dans le quartier de Belleville et alentours.

Commissariat : François Duconseille & JcLanquetin / Merci à Kouka & à la galerie « Frichez nous la paix ».

Avec le soutien du Département Afrique et Caraïbes en créations de CULTURESFRANCE, dans le cadre du programme « Visas pour la Création ».

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« Plus mal que jamais », performance

Un rapport à la solitude et au dépaysement, à cette folie qui consiste à rentrer au pays… Un complet déchirement en somme.

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« Savoir c’est taire », performance

le 17 janvier au niveau du 50 rue de Belleville / vers 16h30

Une envie de raconter l’ailleurs qui n’est pas forcément dans le même ton que l’ici, et vice-versa. Je le tiens d’un pote qui pour avoir fait l’Europe plusieurs fois avant moi, aimait à me répéter avant mon départ de Kinshasa : « l’Europe ? c’est une expérience inexplicable, mais qui se vit ». A l’époque je ne pouvais concevoir la pertinence de son propos jusqu’à ce que moi aussi je sois arrivé en France et que jusqu’à la veille de mon retour, je n’aie trouvé le mot juste pour dire mon expérience. C’est aussi une allusion à l’imaginaire kinois de l’eldorado.
Depuis l’Europe j’ai acquis, comme tout autre immigré un certain pouvoir lié au fait que ma voix, je la prononce depuis l’Europe. Ma parole est devenue parole d’autorité, comme venant d’un sage vieillard. Aussi longtemps qu’on est en Occident,les gens restés au pays ne s’imaginent jamais qu’on puisse avoir quelque souci et pensent que pour vous tout va pour le mieux. D’où un ascendant de la part de celui qui a voyagé sur ceux restés au pays avec tout ce que cette situation peut comporter d’usurpations et d’ impostures de la part de celui qui est en Europe.
Heureusement qu’il nous reste le langage de l’art !

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« Graffitis, dessins & bouts de textes », + films des 2 performances

le 20 janvier à 19h00 / Galerie « Frichez nous la paix », 22bis rue Denoyez. (Métro belleville)

Graffitis dessins et bouts de textes, réalisés sur un mur, dans la rue. Ils retracent les péripéties de mon séjour, le cheminement progressif de ma pensée et la manière dont elle s’est construite. Ils dialogueront avec les photos et surtout les vidéos qui sont des conversations amicales filmées. Il y est question d’un imaginaire, somme toute réaliste, nourri par l’idée d’un eldorado à l’européenne.
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« Savoir c’est taire » / Performance / Photo JcLanquetin
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Un texte de Kiki Zangunda
Né à Kinshasa, je n’ai jamais quitté ma ville natale jusqu’à ce que je me retrouve à Paris, depuis bientôt 3 mois. D’aucuns diront que c’est peu de temps pour rentrer dans le secret d’une aussi grande ville que Paris. L’observation a sa pertinence sauf qu’il s’agissait pour moi non pas d’y faire une quelconque archéologie, mais plutôt d’y vivre en artiste simplement… Et de pouvoir donner mon avis sur les rapports que j’ai eu en tant qu’individu (et artiste), aux prises avec une ville inconnue, ses habitants, son environnement, ses modes de vie, ainsi que ses manières de penser, autres que celles de Kinshasa, la ville d’où je viens.J’ai décidé de ne m’en tenir qu’à l’interprétation d’un quotidien dans lequel je sois impliqué moi-même comme être sensible, mu par des émotions et des ambitions que peut concevoir un jeune artiste du sud, de passage à Paris. D’où : «Plus mal que jamais » et « Savoir c’est taire», deux des performances que je compte faire à Belleville ; et aussi, une intervention sur un mur sous forme de graffitis avec une projection de vidéos et photos.Cet ensemble de propositions a certainement des liens avec mon parcours en plus de mon expérience de Paris. Il ne pouvait en être autrement pour quelqu’un qui porte une histoire telle que la mienne, une histoire entre moi et Kinshasa, ma ville natale, qui dure depuis bientôt 30 ans. J’y suis né, j’y ai poursuivi mes études et depuis quelques années j’y développe une pratique de performer intervenant essentiellement en extérieurs ( les places publiques, les rues etc.). Comme une complice, elle (Kinshasa) a su se prêter à mes caprices d’artiste. Aussi, je ne l’ai jamais quittée. Jusqu’à ce que j’obtienne en novembre dernier de pouvoir vivre un moment dans une autre ville, chose qui ne m’était jamais arrivé auparavant. Après le plaisir qu’on peut concevoir à l’idée de voyager pour la première fois de sa vie, s’en est suivi la satisfaction d’un rêve accompli, des découvertes, des rencontres, et des retrouvailles inespérés.Pendant mon séjour, il arrivait des moments où je me sentais un grand besoin de sollicitude. Des fois où je me trouvais seul à faire des projections sur mon avenir d’artiste, de l’anxiété me prenait à l’idée du travail de création que je me promettais de réaliser avant le terme de ma résidence et pour lequel je n’étais pas plus avancé. Quelques autres fois, il m’arrivait de me répéter les arguments d’immigrés à propos du retour au pays… Des ambitions qu’il fallait sacrifier pour rester fidèle à soi-même, et d’autres suggestions et sollicitations, malveillantes, ou bienveillantes, que je me devais de passer au crible de mes valeurs propres. En aucun moment de ma vie je n’ai été autant exposé à des systèmes de raisonnements aussi délestés de tout scrupule et qui, de l’intérieur comme à l’extérieur, ont réveillé en moi ce brin de nostalgie qui me faisait revivre Kin en un tiers de seconde, les potes, ma copine et tout ce que j’attends retrouver.C’est dans cet état très confus, d’entre deux bords, qu’ont pris forme les 3 propositions :
« Plus mal que jamais », « Savoir c’est taire » & « Graffitis dessins et bouts de textes », présentées dans le quartier de Belleville.Kiki Zangunda
Paris, janvier 2009

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Kiki Zangunda

RDCongo

Artiste plasticien / visual artist