Catherine Boskowitz

In Urban Scénos Port-au-Prince#1 

PENTHÉSILÉES HAÏTIENNES

ou comment, à partir d’un personnage de fiction, peuvent surgir et se déplier trois figures de combattantes aujourd’hui à Port au Prince 2015.

J’entends un écho qui traverse le temps entre Penthésilée et d’autres femmes surgies des luttes armées récentes ou passées  qui ébranlent l’ordre mondial. Cet écho se nomme “désobéissance”.

Par leurs gestes extrêmes, propres à chacune, par l’utilisation de la violence pour certaines, la subversion qu’elles incarnent s’apparente à une force infinie qui naît de la protestation. Avec Penthésilée, elles défient toutes les lois de représentations du genre féminin, au théâtre comme à la bataille.

Catherine Boskowitz

Trois performances, chacune menée par une comédienne haïtienne, auront lieu dans trois lieux différents du quartier Baspeudechose à Port-au-Prince.

Le support est une installation visuelle dans un lieu public :  une projection sur un mur, d’une vidéo de 7 minutes conçue et montée avec Aurore Aulong, à partir de documents d’archives et de la captation du spectacle que j’ai mis en scène en France en mai dernier intitulé le Projet Penthésilée à partir de la pièce Penthésilée de Heinrich von Kleist.

La pièce de Kleist  repose sur l’histoire de la fondation du peuple des amazones qui nait d’une insurrection : Violées par les vainqueurs et assassins de leurs maris, les femmes se révoltent contre cette armée d’hommes dont – comme dans toutes les guerres archaïques – elles devaient être le butin.

Elles décident alors de constituer un peuple exclusivement féminin, refusant toute soumission aux hommes .

“ Et voici ce que notre peuple décida alors dans son conseil : libres comme le vent sur les libres landes seraient désormais ces femmes – libres – et jamais plus asservies aux hommes. Un état allait naître, souverain, et majeur, un royaume de femmes où plus jamais la voix grossière du mâle ne s’élèverait pour nous régenter. ” extrait du texte de Kleist.

Penthésilée est la reine des amazones et mène son armée contre celles des hommes afin de faire des prisonniers qui assureront la descendance des amazones.

La vidéo est projetée sur un mur dans l’espace public.

Une bâche prolongeant celle de la scénographie du spectacle filmé, est déployée au pied de la projection et devient l’espace de la théâtralité en direct.

Trois comédiennes, Ketsia Vaïnadine Alphonse, Cibile France, Lindsay , sous la direction de Catherine Boskowitz, s’emparent des images projetées sur un mur de l’espace public pour proposer aux spectateurs passants, en performance, de nouvelles figures de femmes combattantes, ICI ET MAINTENANT A PORT-AU-PRINCE, créées par les comédiennes elles-mêmes, corps et texte.

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PENTHÉSILÉES HAÏTIENNES 1.0

Le 25 novembre place Carl Brouard, Port-au-Prince
Vidéo Catherine Boskowitz/ Aurore Aulong
Comédienne Cibile France sous la direction de Catherine Boskowitz
Texte Nadège Prugnard

captation François Duconseille

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PENTHÉSILÉES HAÏTIENNES 2.0

Le 26 novembre place Jérémie, Port-au-Prince
Vidéo Catherine Boskowitz/ Aurore Aulong
Danseuse Lindsday Pierre Louis sous la direction de Catherine Boskowitz
Texte Nadège Prugnard

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PENTHÉSILÉES HAÏTIENNES 3.0

Le 28 novembre ruelle Charles Jeanty, Port-au-Prince
Vidéo Catherine Boskowitz/ Aurore Aulong
Comédienne Ketsia Vaïnadine Alphonse sous la direction de Catherine Boskowitz
texte Ketsia Vaïnadine
captation François Duconseille

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Catherine Boskowitz

Metteur en scène / Director

France

Catherine Boskowitz travaille en France, en Afrique, au Moyen-Orient et en Haïti,  voyage dans d’autres parties du monde. A l’intérieur de ce mouvement, de ces allers et retours, elle construit un travail de création où le théâtre occupe une place essentielle, avec une équipe artistique pluridisciplinaire et multiculturelle.

Initiatrice de projets réunissant de nombreux artistes, elle a fondé et dirigé pendant dix ans le Collectif 12 à Mantes la Jolie, Fabrique des nouveaux territoires de l’art où la pratique s’affirme aux frontières du théâtre et de l’expérience.

Ces croisements géographiques comme disciplinaires l’amènent ainsi depuis toujours et de façon renouvelée à rassembler sur les plateaux, des artistes français et étrangers, qu’ils soient comédien(ne)s, auteur(e)s, scénographes ou dramaturges.

Témoin de nombreux événements sociaux et politiques qui secouent la planète ces vingt dernières années, elle s’attache à tisser le lien entre Art et Société, à questionner l’époque contemporaine par l’écriture du plateau. A partir de vecteurs pluriels tels que la scène, l’image, la performance, la peinture, la composition du son, elle présente ses spectacles au public comme des variations autour des oeuvres choisies.

Ses points de départ : un texte / un auteur / une pensée… et en diagonale, surgit sur scène, pendant la représentation, un contrepoint : une figure réelle du monde contemporain.

Ses mises en scène des textes de Tchekhov, Gatti, Shakespeare, Kourouma, Racine, Genet, dont en 2013 La Dernière interview de Jean Genet avec l’acteur-performeur et auteur Dieudonné Niangouna, et aujourd’hui Kleist, sont chacune une invitation au public à se déplacer avec elle.

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